IGD

Institut de géographie et durabilité de l'Université de Lausanne
Projets de recherche


Nouvelle recherche


Pouvoirs et attractivités de la métropole Aix/Marseille/Provence dans les réseaux mondiaux d’entreprises multinationales

La cohérence d’une métropole constitue un enjeu pour l’ajustement des politiques d’attractivité permettant de renforcer les synergies de ses pôles et de renouveler son économie dans la concurrence européenne et mondiale. Le CGET et la mission interministérielle pour la Métropole Aix/Marseille/Provence ont confié une étude à l’université de Lausanne pilotée par un groupe de professionnels locaux de l'INSEE, des Agences locales d'Urbanisme, de la CCIMP et de Provence-Promotion . 80ème rang mondial pour la métropole Aix-Marseille Provence La métropole Aix/Marseille/Provence se situe à la 80ème place mondiale , loin derrière Milan (7ème) ou Barcelone (35ème). Elle est la quatrième ville française derrière Paris (2ème rang mondial), Lille (45ème) et Lyon (59ème). Des villes portuaires non capitales sont comparables par le poids de leur rayonnement et attractivité à la métropole Aix/Marseille/Provence (Fig.1). Parmi ces villes, on trouve San Diego ou Vancouver, proches de la métropole pour leur industrie aéronautique, Nagoya ou Liverpool pour leurs hautes technologies, Anvers avec un fort complexe pétrochimique. La métropole Aix/Marseille/Provence se distingue des autres villes par l’équilibre entre le pouvoir de ses sièges (rayonnement) et le nombre de ses filiales (attractivité). Cet équilibre qualifie habituellement des villes de plus grande taille comme Londres, Paris, New-York ou Tokyo. Portées faibles des rayonnement et attractivité de la métropole Aix-Marseille Provence Du point de vue de la portée géographique des liens, la métropole Aix-Marseille Provence souffre d’un manque d’ouverture européenne et internationale pour l’attractivité de filiales par rapport aux autres villes du monde. Toutefois la métropole est en deuxième position française (derrière Paris) pour le nombre de filiales contrôlées à l’étranger, dépassant Lyon. Les filiales détenues hors d’Europe sont essentiellement en Afrique du nord et en Asie et pour moitié détenues par CMA-CGM. Ainsi les sièges sociaux de la métropole sont puissants pour la fonction portuaire et logistique, mais le sont bien moins pour d’autres fonctions liées aux hautes technologies ou aux services avancés. 24% de l’emploi de la métropole dans des firmes multinationales Au total, les entreprises multinationales de l’échantillon regroupent près de 24% de l’emploi total, variant selon les piliers économiques : - Domestique des fonctions supports (30% des emplois des secteurs) : services à la population et activités à faible intensité technologique comme le commerce, la construction, le textile, l’agro-alimentaire ou la métallurgie ; - Encadrement public (4.5% des emplois) : administration publique, activités de services et de soutien, santé et hébergement médico-social. C’est le pilier le plus important en termes d’emplois totaux de la métropole (40% de l’emploi total), mais c’est le moins représenté par les entreprises multinationales ; - Portuaire et logistique (40% des emplois) : transport et l’entreposage ; - Production mondialisée (50% des emplois) : activités de haute technologie comprenant l’industrie pharmaceutique, la fabrication industrielle de produits informatiques, électroniques, optiques, équipements, matériel de transport et recherche et développement scientifique ; - Promotion et de la mutation urbaine (32% des emplois) : services à forte intensité de savoirs comme l’informatique, les télécommunications, la finance et l’assurance, l’immobilier, le juridique ou l’ingénierie ; - Transformation des ressources (75% des emplois) : industries extractives, chimiques, raffinage, bois/papier/imprimerie et énergie. Emplois des firmes multinationales plus concentrés dans l’espace que l’emploi en général Les emplois des firmes multinationales sont concentrés, relativement à l’ensemble des emplois, dans des communes spécialisées (Fig.2) : Marignane a près de 64% de son emploi dans des établissements d’entreprises multinationales, Rousset 58% et Fos-sur-Mer, près de 50%. A côté de ces pôles, Marseille concentre la plus forte masse d’employés des firmes multinationales mais ils ne représentent que 21% de son emploi total et ils en représentent 25% à Aix-en-Provence. Renforcer les synergies entre les pôles spécialisés grâce aux entreprises multinationales Le territoire de la métropole Aix-Marseille Provence est très marqué par son caractère multi-polarisé et les communes constituant les pôles industriels accueillent les firmes multinationales de manière privilégiée. En revanche, les firmes multinationales les spécialisent moins fortement, contribuant davantage à lier des activités complémentaires dans des mêmes réseaux globaux de production. Par ce fait, elles renforcent la complémentarité spatiale entre des activités dispersées, des centres spécialisés et des activités polarisées dans les deux grandes agglomérations de la métropole AMP. C’est donc en favorisant une attractivité ciblée sur des activités intermédiaires entre les pôles que l’on peut renforcer leurs synergies et l’attractivité générale de la métropole dans la globalisation. Dans cette perspective, les phases suivantes de l’étude viseront à croiser les réseaux individuels des entreprises appartenant aux projets industriels et d'innovation structurants. Dans une démarche de benchmark, l’attractivité de la Métropole dans la globalisation sera comparée à d’autres villes portuaires européennes et mondiales.


Domaines de recherche Études urbaines
Analyse des systèmes urbains
Ville et économie
Mot-clefs Clustering
Diagnostic urbain
Prospective
Financement Metropole Aix-Marseille Provence
Durée Mai 2014 - décembre 2015
Site Web
Chercheurs Rozenblat Céline